Intervention de Francis Delon

Réunion du mercredi 30 septembre 2020 à 14h30
Mission d'information sur l'impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie de coronavirus-covid 19 en france

Francis Delon, ancien secrétaire général de la défense nationale :

. La réponse n'est pas simple. Effectivement, le SGDSN a dans ses attributions la protection des grands investissements économiques pour s'assurer qu'en matière économique et stratégique, les intérêts français ne sont pas atteints par des investissements étrangers qui prendraient le contrôle d'activités qui doivent rester sous le contrôle national. À cet égard, un gros travail a été fait dans les années 2000. Lorsque nous avons commencé à travailler sur le plan de protection contre le risque de pandémie grippale, la question des masques s'est très rapidement posée. Il s'agissait de protéger les malades et le personnel médical. On ne parlait pas, à l'époque, de protection de la population générale, car on n'imaginait pas que quelqu'un ne présentant aucun signe de maladie pourrait être porteur du virus – la question se pose aujourd'hui à la lumière de ce que nous vivons. Autre enjeu, distinct : la protection des personnes qui, alors même que la pandémie sera installée, devront continuer à travailler pour faire vivre le pays.

Nous nous sommes vite aperçus que les masques étaient principalement produits en Asie. Nous avons eu la conscience très nette que les pandémies – nous avions l'exemple du SARS – débutaient en Asie, en particulier en Chine. Nous savions que la pandémie pouvait mettre hors d'état de fonctionner l'appareil productif chinois, à l'origine de la production des masques. Nous savions aussi que si la pandémie s'installait, il s'engagerait une compétition pour l'accès au matériel de protection et que nous aurions des difficultés à obtenir des masques s'ils devaient être importés. C'est pourquoi, sous Xavier Bertrand, et avec la contribution du SGDN et de Bercy, un gros effort a été fait pour inciter des entreprises françaises à développer une capacité de production de masques. À l'époque, on raisonnait en termes de masques FFP2, puisque la norme scientifique et médicale validait essentiellement ce type de masque. Ce sont ces masques que nous avons incité plusieurs PME à fabriquer en France.

Je ne saurais vous dire ce qui s'est passé ensuite, car je n'ai pas suivi les évolutions ultérieures, mais il faut comprendre que l'on parle là de PME, et non de grands investissements dans le domaine des télécommunications ou de l'énergie. Le sujet ne remonte donc pas forcément jusqu'au DGDSN – mais il est important.

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